Chez les Gurunsi, les Bwa et les Mossi au Burkina Faso
l'animal le plus représenté sur les masques animaliers
est le crocodile.
Très souvent le village est proche d'une mare
peuplée de crocodiles sacrés : les crocodiles seraient
le réceptacle des âmes des ancêtres. Les légendes
racontent que, l'ancêtre de ces groupes ethniques, après
s'être égaré dans la brousse, aurait été
sauvé par un crocodile qui lui aurait évité de
mourir de soif en lui montrant le chemin d'une mare. Depuis, tous les
ans, le village part en procession vers la mare la plus proche afin
d'offrir un sacrifice pour le crocodile.
Le porteur du masque pénètre dans la
mare où vivent les crocodiles pour y effectuer sa danse. Dans
ces régions la population a crû très longtemps à
l'immortalité des crocodiles.
Au niveau sculptural, l'accent est mis sur ce qui est
important du crocodile c'est-à-dire sa tête : elle est
disproportionnée par rapport au reste du corps. Le corps du crocodile
est recouvert de petits triangles creusés et peints au kaolin
qui matérialisent les écailles.